CANADA, RICHARD FORD : LE MOT DU LIBRAIRE.

  • CANADA, RICHARD FORD
Ni Bonnie Parker ni Clyde Barrow, les parents de Dell, quinze ans, forment un couple malassorti, mais banal. Impossible pour cet ado américain de comprendre comment ils sont devenus braqueurs de banque.

Comment son père, un ancien soldat de l’Air Force, vétéran du Vietnam, devenu escroc à la petite semaine, a-t-il pu convaincre sa mère d’origine juive polonaise, cultivée et misanthrope, de solder ses dettes en commettant un hold-up, au risque de mettre sa famille en péril?

À travers la destinée de son narrateur, Richard Ford, prix Pulitzer en 1996, pour Indépendance, interroge la violence quotidienne des États-Unis. Pas celle des grands bandits romantiques, juste la détresse de petites gens qui un jour prennent la mauvaise décision.

Dell, désormais la soixantaine, se heurte toujours aux mêmes questions. Comment a-t-il pu s’en sortir, malgré l’arrestation de ses parents, la fugue de sa sœur, et les actes meurtriers auxquels on l’a confronté ? Réfugié ou plutôt isolé au Canada, il a dû se raccrocher à chaque instant tout en allant de l'avant.
Canada est un récit initiatique réaliste, profond et personnel. Il exprime le désarroi d’un homme face aux paradoxes d’une vie brutale et banale. Privé de ses rêves d'enfant, il est devenu un adulte entre frustration et acceptation.

Le lecteur partage ses doutes, ses espoirs déchus, son insatiable désir de vivre, d’apprendre et de transmettre. Richard Ford, malgré quelques répétitions, nous attache à ce personnage que l’on se refuse d’abandonner.

Éditions de l’Olivier, 477 pages, 22,50 euros, septembre 2013

Camille Desœuvre